Iran : une situation catastrophique

25 Mars 2020

En Iran, chaque heure voit une cinquantaine de personnes supplémentaires contaminées, selon les chiffres du ministère de la santé. Le 22 mars, le bilan officiel faisait état de la mort de 1 556 personnes mais, selon un expert de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ce chiffre serait cinq fois plus élevé.

Fin février, le régime s’employait encore à minimiser les conséquences de l’épidémie, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Dans la ville de Qom, qui regroupe 450 000 habitants dont beaucoup de très pauvres, les hôpitaux sont complètement submergés par les malades. Mais des religieux continuent à refuser toute fermeture de sanctuaires, accusant l’OMS d’être derrière ces fermetures « parce qu’elle ne croit pas en Dieu ». Ces idées moyen- âgeuses empêchent le pouvoir de faire respecter des interdits destinés à ralentir l’épidémie.

Le régime iranien a une grande part de responsabilité dans la catastrophe. Accuser Trump et Israël d’être responsables de l’ « invasion biologique » est bien évidemment un moyen de se dédouaner et de détourner la colère de la population qu’il craint de voir de nouveau exploser. Mais les sanctions imposées par l’impérialisme américain aggravent de manière catastrophique la situation pour la population.

Depuis leur rétablissement en mai 2018, le pays manque de tout. Il manque en particulier de certains produits utilisés par le secteur de la santé, qui dépendent d’ingrédients et de matériaux importés. Il manque de médicaments, même parmi ceux indispensables pour soigner les maladies « ordinaires ». De plus, certaines de ces sanctions ont restreint le commerce humanitaire avec l’Iran en dissuadant la plupart des banques de faciliter les paiements nécessaires.

Le 17 mars dernier, le secrétaire d’État Mike Pompeo a pourtant annoncé lors d’une conférence de presse que les sanctions seraient maintenues à leur maximum et même renforcées. Peu importe à Trump ou Pompeo que la population iranienne paie le prix de telles décisions.

L’impérialisme américain utilise la situation créée par l’épidémie pour mettre le régime iranien un peu plus à genoux. Il n’avait pas agi autrement en 1991, suite à la première guerre du Golfe, cette fois contre le régime irakien.

L’embargo imposé à l’Irak par les États-Unis, avec l’appui du gouvernement français rappelons-le, avait eu pour conséquence la mort de près de deux millions de personnes, dont 750 000 enfants de moins de cinq ans.

Épidémie ou pas, l’impérialisme n’a pas d’états d’âme face aux conséquences de sa domination.

Aline RETESSE