Coronavirus : l’indispensable contrôle des travailleurs

25 Mars 2020

« Il faut que la vie économique continue », ne cesse de marteler le gouvernement. Il met en avant la nécessité de faire fonctionner toute une chaîne permettant d’assurer les services essentiels, et en premier lieu la santé et l’alimentation.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, déclarait ainsi à la télévision : « S’il n’y a pas de frigos, il n’y a pas de médicaments. » Il justifiait la nécessité de reprendre le travail dans le secteur du bâtiment et des travaux publics en affirmant : « Si on n’entretient pas les routes, les canalisations, tout s’effondre. » Et de conclure pour tenter d’expliquer que l’on soit obligé d’aller travailler par centaines dans les usines, alors que l’on ne peut plus rencontrer ses amis ou sa famille : « Il y a des choses qui sont du domaine de l’indispensable et d’autres du sacrifice personnel .»

Tout le problème est de savoir qui détermine ce qui appartient à l’un ou l’autre domaine. Pour ce qui est de la vie personnelle, on le sait en détail et le gouvernement le fait respecter par sa police. Mais pour ce qu’Olivier Véran qualifie d’indispensable, lui-même affirme : « Établir une liste serait trop long .» Le choix est donc laissé à la libre disposition des patrons.

On a pu voir depuis le début de l’épidémie selon quels critères ceux-ci tranchaient. Ils n’ont pas hésité à entasser des centaines de travailleurs pour continuer à fabriquer des moteurs d’avions de chasse, des pièces d’automobiles, des pneus d’avions de guerre pour honorer des commandes, des cartes électroniques ou bien d’autres produits. Les patrons ne se sont souciés ni des risques qu’ils faisaient courir à leurs travailleurs, ni du fait qu’en agissant ainsi ils ruinaient les efforts du personnel soignant qui ne cesse de clamer : « Restez chez vous ! »

Il n’y a pas à s’en étonner : pour le patronat, la seule chose indispensable c’est de faire du profit. Les seuls qui pourraient faire un choix honnête entre ce qui est indispensable pour la société et ce qui relève seulement de l’appétit capitaliste, ce sont les travailleurs eux-mêmes. Ce sont eux qui doivent contrôler l’économie. On verrait alors que les travailleurs seraient prêts à faire face pour combattre l’épidémie. Comme le montre le personnel soignant, dans son domaine, les ressources de dévouement ne manquent pas dans la population quand il s’agit de combattre l’épidémie. Mais elles n’ont pas à être gaspillées pour sauver les profits de quelques-uns.

Comme toutes les catastrophes, l’épidémie de coronavirus montre combien le système capitaliste est impuissant et dangereux, et la nécessité de la prise en main de l’appareil productif par les travailleurs.

Daniel MESCLA