ADP – Roissy : pilotage dément

25 Mars 2020

Les priorités de la direction d’ADP pendant la première semaine de confinement ont été de continuer à maintenir coûte que coûte toute l’activité de l’aéroport. Il ne s’agit pas de l’intérêt commun, mais d’assurer les profits aussi bien des actionnaires d’ADP que des entreprises de la zone aéroportuaire.

Les travailleurs ont été obligés de venir sans aucune protection, ni masques, ni gel. Aux centres de commandes de chaque aérogare, les ordinateurs sont utilisés par plusieurs personnes, mais ADP n’avait même pas prévu de lingettes pour nettoyer les claviers. Les chantiers, qui pourtant ne présentent aucune urgence, devaient continuer. Le 24 mars, le chantier de liaison de halls satellites du terminal 1 n’était toujours pas à l’arrêt.

Pour inciter les travailleurs à venir, la direction n’a cessé de minimiser le nombre de cas de contamination et refuse de donner les chiffres en invoquant le secret médical. Un des agents de surveillance et de prévention incendie a été infecté par le virus, mais ADP n’a pas prévenu les collègues avec qui il avait travaillé.

Heureusement, les travailleurs ont fait preuve d’initiatives, en prenant le moins de risques pour la santé du personnel et des passagers. Le contraste avec la direction est édifiant. Dans les secteurs non indispensables, des salariés se sont mis en arrêt maladie ou en droit de retrait. Dans les équipes indispensables, comme à la centrale électrique alimentant l’aéroport, le fait d’être au complet et rassemblés dans l’atelier était une aberration. Alors, sans attendre les consignes, certains ont proposé de faire un roulement par équipe de deux.

Depuis lundi 23 mars, ADP a mis l’ensemble des 6 500 salariés en chômage partiel pour trois mois, sans compter les sous-traitants, et gelé les embauches et l’intérim. Les baisses de salaires sont souvent de l’ordre de 30 % à cause de la suppression de certaines primes. Ces économies faites aux dépens des salariés sont à mettre en parallèle avec le fait qu’en revanche, le versement des 360 millions d’euros de dividendes de 2019 est repoussé mais maintenu. De plus, ADP a aussi financé des cadeaux aux entreprises de la zone aéroportuaire en suspendant les loyers des commerces de l’aéroport et en supprimant la redevance de stationnement des avions.

Face à cette politique, la crainte de l’aggravation des attaques s’ajoute à la peur du coronavirus. Mais de nombreux travailleurs sont également en colère. Le cas ADP montre que laisser une direction capitaliste aux commandes, c’est le crash assuré.

Correspondant LO