Samu 92 : “héros en grève”

18 Mars 2020

L’épidémie due au Covid-19 se développe depuis plusieurs semaines. Au Samu 92 à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, dans les Hauts-de-Seine, le nombre d’appels quotidiens est à présent quatre fois supérieur à la moyenne.

Tout le personnel participe à la régulation médicale. Les soignants n’ont reçu aucune aide en dehors de quelques externes (étudiants en médecine) et ne ménagent ni leur peine ni leurs heures.

Le service est réorganisé pour tenter de répondre le plus rapidement possible. Malgré cela l’attente téléphonique au 15 dure parfois plus de 20 mn. C’est beaucoup d’angoisse pour tous les patients mais aussi une perte de temps importante pour ceux qui ont des maladies graves.

Il faut s’adapter presque tous les jours et une partie des appels n’est plus prise en charge par les médecins. C’est un travail « en mode dégradé » par rapport à l’habitude mais c’est la seule façon de n’être pas submergé.

Il est évident que le nombre de malades du coronavirus augmente considérablement et qu’il va y avoir sous peu une vague de cas graves qu’il faudra aller chercher chez eux ou transporter d’un hôpital à un autre.

Dans le contexte de confinement, des mesures sont prises pour protéger le personnel du Samu. Tous portent des masques, et des flacons de gel hydroalcoolique sont positionnés à différents endroits mais il faut les économiser par crainte d’une rupture d’approvisionnement. Pour l’instant personne n’est malade dans le service mais six agents ont été contaminés sur l’hôpital.

Grâce au travail de tous, les travailleurs du Samu ont le sentiment de réussir à faire face sans trop dégrader la qualité des soins. Mais que se passera-t-il si une partie d’entre eux est contaminée ou si l’activité augmente encore ?

Depuis près d’un an maintenant, une grande partie du personnel est en lutte pour dénoncer le manque de moyens dans les hôpitaux. La colère est bien loin de s’éteindre dans la crise actuelle mais elle n’a guère le temps de s’exprimer. Des photos circulent montrant les soignants avec « Héros en grève » écrit sur leur blouse. Ce sont des moyens et du personnel qui sont nécessaires en urgence, pas des flatteries ridicules des irresponsables politiques.

Correspondant LO