LVMH : le gel des profits ?

18 Mars 2020

Bernard Arnault, le patron de LVMH, vient d’annoncer qu’il avait demandé à trois sites de production, d’ordinaire réservés aux parfums et cosmétiques des marques Dior, Guerlain et Givenchy, de mobiliser leur capacités afin d’offrir aux pouvoirs publics des quantités importantes de gel hydroalcoolique.

Au-delà du coup de pub que Bernard Arnault s’offre ainsi avec la peau de ses salariés – au figuré, mais peut-être aussi au propre vu la létalité du virus – cela montre surtout l’inertie du gouvernement : comment se fait-il que, depuis trois mois que le virus fait rage sur la planète, l’État français n’ait pas pris ses dispositions ? À Wuhan, le gouvernement chinois a été capable de construire un hôpital en 10 jours. En France, en trois mois, le gouvernement n’a pas été capable d’approvisionner en masques et gel hydroalcoolique les services publics, et notamment les hôpitaux ou les écoles.

Cela n’a pourtant pas l’air si difficile à organiser, puisque LVMH pense y parvenir en moins d’une semaine. Le gouvernement aurait très bien pu réquisitionner les entreprises nécessaires pour faire face correctement à l’épidémie, ou même embaucher pour cela – les chômeurs ne manquent pas. Mais il préfère de loin, comme au moment de l’incendie de Notre-Dame, laisser l’initiative aux grands patrons, et les faire apparaître comme de bienfaiteurs de l’humanité... tout en les arrosant d’argent.

Mais, à l’heure du confinement total de la population et de l’arrêt de toutes les activités autres que le ravitaillement et les soins, le grand philantrope Bernard Arnault n’est pas sans arrière-pensée, et son « beau geste » vient sans doute à point nommé pour soutenir ses activités, et ses profits.

Line Kovic