Le gouvernement ignore les plus pauvres

18 Mars 2020

Macron a bien annoncé que personne ne perdra son emploi ou son logement et ne se retrouvera sans ressources. Mais comment croire en cette promesse alors que des centaines de milliers de personnes vivent déjà en temps ordinaire dans des conditions extrêmement précaires ?

Des milliers de sans-abri sont déjà en temps normal dans l’impossibilité de recourir aux soins comme aux mesures d’hygiène élémentaires prescrites pour se protéger de la contamination. Mais en plus, le confinement est impossible pour eux.

Leur trouver un endroit pour dormir et vivre n’est pas le problème du gouvernement. Aucun logement n’a été réquisitionné pour eux. Aucun espace n’est prévu pour les accueillir ou pour mettre certains en quarantaine si nécessaire. Les foyers d’accueil ont même tendance à fermer malgré le recul au 31 mai de la fin de la trêve hivernale.

Bien sûr les actions des bénévoles pourront se poursuivre. Des maraudes sont aussi organisées pour essayer de détecter les sans-abri contaminés. Des distributions alimentaires pourront sûrement se poursuivre, mais bien des associations manquent de lieux pour le faire dans de bonnes conditions. De toute façon, cela reste du ressort de bénévoles qui font déjà beaucoup. Mais une grande partie d’entre eux sont des retraités pour qui il n’est pas recommandé d’entrer en contact avec des personnes susceptibles d’être contaminées. Si l’État ne met pas d’autres moyens en place, l’action des associations de bénévoles s’avérera vite insuffisante.

Les campements qui sont aux portes des villes, le long des autoroutes, souvent dans des lieux très insalubres, n’offrent aucun moyen pour se protéger de l’épidémie, alors qu’ils sont remplis d’habitants, d’enfants, de personnes âgées. Les migrants évacués de campement en campement de fortune, sont particulièrement précarisés par les descentes de police et les destructions qui s’en suivent. Ils sont à la merci de la contamination et des maladies respiratoires liées au virus.

Pour réellement protéger cette fraction de la population, il faudrait réquisitionner des logements et des espaces pour les abriter, leur fournir gratuitement les produits d’hygiène nécessaire, organiser la distribution de nourriture correcte et suffisante, ce qui signifie une action déterminée de l’État passant outre au droit de propriété pour faire primer le droit à la vie. On ne peut l’attendre ni d’un Macron ni d’un quelconque gouvernement de la bourgeoisie.

Marion AJAR