Laboratoires pharmaceutiques : le souci de la santé… de leurs profits

18 Mars 2020

Depuis l’apparition du coronavirus partout dans le monde, des équipes de chercheurs sont au travail. Elles ont déjà réalisé un travail considérable et recueilli des données essentielles sur la contagiosité du virus, sa durée d’incubation, voire sa mortalité. Elles ont déjà mis au point un test de dépistage fiable.

Mais c’est bien sûr la recherche d’un vaccin qui est leur priorité. Et si elles le trouvent, ce sera alors aux laboratoires pharmaceutiques de passer à la phase industrielle en le fabriquant à l’échelle du marché mondial. Et comme la production des vaccins est complexe et demande des procédures longues, seuls les leaders dans le domaine des vaccins, comme Glaxo-Smith-Kline (GSK) et Sanofi Pasteur MSD, auront les moyens de fabriquer industriellement ce que d’autres auront trouvé.

Les laboratoires se livrent donc d’ores et déjà une guerre féroce pour décrocher le gros lot. Révélateur d’une société où le profit décide de tout, on a déjà droit au pire dans cette guerre. Ainsi un laboratoire allemand qui se disait prêt du but, se serait vu proposer par Trump un pont d’or s’il le réservait… au seul marché américain. Des calculs monstrueux se font alors que le monde entier est touché mais cela n’est qu’habituel. Aujourd’hui, des milliards d’hommes, de femmes et d’enfants des pays les plus pauvres n’ont pas accès aux médicaments les plus modernes car ils n’ont pas les moyens de les payer. C’est vrai pour des antibiotiques, des médicaments contre le paludisme, le Sida ou du vaccin contre la rougeole… Dans les pays les plus riches, ce n’est pas si différent quand on sait que les laboratoires n’hésitent pas à créer une pénurie de vaccins, comme en 2015 en France, où ils l’ont justifiée par une « production à flux tendu ».

On ne sait pas quand sera trouvé un vaccin du Covid-19 et si, d’ailleurs, ce sera à temps avant la fin de l’épidémie, mais une chose est sûre, ce n’est pas le souci de la santé des malades qui anime les laboratoires, mais la perspective de pouvoir verser gros à leurs actionnaires.

Cédric DUVAL