Hôpital de Mulhouse : une crise sanitaire d’ampleur

18 Mars 2020

L’hôpital de Mulhouse, confronté depuis longtemps à un manque criant de moyens comme tous les autres hôpitaux du pays, est aujourd’hui submergé par l’épidémie.

Entre six et dix patients nécessitant une assistance respiratoire sont admis quotidiennement, y compris des personnes jeunes qui ne présentaient pas de terrain à risques. Les 46 lits en réanimation sont tous occupés. L’ensemble des lits dédiés au Covid-19, dont le nombre avait presque doublé en fin de semaine, sont saturés. Chaque jour, le personnel soignant cherche des solutions pour prendre en charge des cas graves présentant des difficultés respiratoires sévères. Mais les mesures se révèlent insuffisantes, tant la situation se dégrade vite. Des patients dans un état grave sont transférés dans d’autres hôpitaux, distants de plusieurs centaines de kilomètres.

Alors qu’on n’est encore qu’au début de l’épidémie, le personnel se sent complètement dépassé. Une infirmière disait avoir l’impression de travailler dans un hôpital de guerre, avoir à faire face à une tâche au-dessus des moyens du personnel. Certains soignants sont atteints par le Covid-19, et les renforts sont insuffisants. Il manque de locaux, de lits et de moyens matériels. Le stock de masques est quasiment à zéro. Selon le responsable des Urgences, il n’y a pas assez de respirateurs artificiels pour faire face aux besoins.

Pour beaucoup de soignants, les mesures de confinement annoncées lundi 16 mars arrivent trop tard pour faire face à la propagation du virus, et dans ce contexte le maintien des élections était une aberration. 700 personnes ont déjà été testées positives dans le département, si tant est que ce chiffre signifie encore quelque chose : les tests ne sont plus réalisés que pour les personnes présentant des symptômes graves.

Dans ce contexte de crise épidémique, le gouvernement s’est placé au chevet des grandes entreprises, promettant un remède à coups de milliards d’euros pour essuyer leurs possibles pertes financières. L’hôpital, lui, continue à attendre des moyens, et c’est le résultat d’une politique criminelle.

Correspondant LO