Pesticides : urgent d’attendre ?

19 Février 2020

Le Conseil d’État a rejeté vendredi 14 février la requête en référé des maires ayant pris des arrêtés antipesticides. Ils jugeaient insuffisantes les distances d’épandage fixées par le gouvernement le 1er janvier dernier.

Depuis cette date, les agriculteurs doivent respecter une distance de sécurité de 5 à 10 mètres entre les zones d’épandage de pesticides et les habitations, les maisons de retraite et les écoles. Cette distance est portée à vingt mètres pour les produits les plus dangereux, qui ne représentent que 0,3 % des pesticides.

Jugeant cette distance insuffisante et réclamant 150 mètres entre les zones traitées et les habitations, des maires ont donc attaqué cet arrêté. Le Conseil d’État a rejeté leur requête, considérant qu’il n’y avait pas urgence et repoussant l’examen sur le fond à une date ultérieure.

En matière de santé publique, il est très rare que les autorités trouvent urgent d’intervenir. L’exemple de l’amiante est à ce titre significatif. Le risque lié à la fibre d’amiante était connu en 1897, il a été dénoncé en France en 1970 et l’amiante a été interdit… en 1997. L’amiante continue de tuer aujourd’hui Mais pour l’État, quand il s’agit de la santé d’une partie de la population, et en particulier quand des intérêts économiques sont en jeu, rien n’est urgent !

Aline URBAIN