Olivier Minoux, ouvrier dans la chimie, candidat à Lyon

19 Février 2020

Je conduis la liste Lutte ouvrière à la métropole de Lyon. Dotée d’un budget de plusieurs milliards d’euros, la métropole ajoute les attributions d’un département à celles d’une communauté de communes. Elle est encore plus éloignée du regard des classes populaires que les mairies. C’est un appareil conçu pour servir les intérêts des grandes entreprises, dans l’industrie, le bâtiment, les travaux publics, l’eau, la collecte des ordures. Les liens sont multiples entre ces patrons et les politiciens qui dirigent la métropole.

En ce qui me concerne, je suis ouvrier dans la vallée de la chimie, en équipe 5x8, depuis vingt-trois ans. Nous sommes exposés quotidiennement à des substances chimiques, ce qui rend le vol de nos retraites criminel, car ce sont des années de notre vie que nous laissons à l’usine. Dans cette campagne, je veux faire entendre le camp des travailleurs face à cette classe patronale qui est le véritable dirigeant de l’État, que ce soit au niveau national ou au niveau de la métropole.

Une des préoccupations des travailleurs, c’est par exemple le logement. Lyon est une des villes où les prix augmentent le plus vite. C’est l’effet de la spéculation, où les capitaux disponibles se placent dans l’immobilier. Cette situation est aggravée par le fait que l’État se désengage du logement social. Ceux qui font fonctionner la ville au quotidien sont contraints d’habiter toujours plus loin. Ceux qui nettoient les bureaux, qui font tourner les restaurants, les commerces, qui conduisent les bus ou le métro, qui ramassent les poubelles, soignent, éduquent… passent ainsi des heures dans les transports. Mais on ne peut pas régler la question du logement, pas plus que celles du transport ou de la pollution, sans s’attaquer aux promoteurs immobiliers, aux banques ou aux industriels.

Les travailleurs doivent se battre pour tout, y compris pour obtenir des logements dignes avec des loyers modérés. Des élus révolutionnaires dans les mairies seraient un point d’appui pour ces luttes. Ils pourraient encourager un inventaire des logements vides en vue de leur réquisition, aider à empêcher les expulsions locatives. Sans rapport de force, sans leur propre intervention, rien n’est possible pour les travailleurs, en matière de logement comme pour tout le reste. Dans ces élections, il faut qu’ils puissent le dire.