Griveaux-Buzyn : un clown chasse l’autre

19 Février 2020

Benjamin Griveaux, tête de liste du parti gouvernemental aux élections municipales de Paris, a dû jeter l’éponge après la diffusion d’une sexe-tape dont il est la vedette. Après 48 heures d’hésitation, le parti macroniste, et sans doute Macron lui-même, ont désigné Agnès Buzyn, ministre de la Santé, pour le remplacer.

Il n’aura guère fallu que deux jours à Agnès Buzyn pour passer de « Je suis occupée avec les problèmes de l’hôpital, le dossier des retraites et l’épidémie de coronavirus » à « J’ai deux amours, mon pays et Paris ». Et de commencer sa tournée de réunions publiques, suivie par une meute de journalistes extasiés.

Le cirque électoral bat ainsi son plein. Griveaux-Paillasse au nez rouge, incapable de gagner, a été sorti. Auguste Buzyn, clown blanc au visage sérieux, le remplace. Mais de quelles compétences peuvent se prévaloir ces gens pour briguer des mandats électoraux ou des postes de ministre ? Griveaux n’est qu’un politicien de bas étage, même pas capable de s’abstenir d’une exhibition lamentable pour éviter un scandale. Les compétences médicales tant vantées de Buzyn ne l’ont pas empêchée de continuer à détruire le système hospitalier, contre ceux qui y travaillent et manifestent régulièrement leur colère. Son humanisme autoproclamé lui a servi à tenter de faire passer la réforme des retraites. Et, face à l’épidémie de coronavirus, la ministre n’a été que la porte-parole d’un système de santé qui a le mérite de fonctionner encore, malgré les coups qu’elle et ses semblables lui ont portés.

Pour la plupart des commentateurs il n’y a qu’une seule question : Buzyn peut-elle convaincre mieux que Griveaux, sans même se demander de quoi. Et de gloser à l’infini sur de pures questions de communication et d’image, finissant par trouver Buzyn parfaite pour le rôle. Et voilà comment on transforme une pantalonnade en un coup politique, du moins le croit-on à l’Élysée et parmi ses valets de plume.

Griveaux, Buzyn et les autres sont interchangeables, en un claquement de doigts, car ce sont de simples comédiens. Leur rôle consiste à faire passer la politique décidée par l’État, les hauts fonctionnaires inamovibles et avant tout inspirée par le grand patronat. Quel que soit le dégoût suscité par ces tristes potiches, les travailleurs ne doivent pas oublier que derrière elles se tient le grand capital, véritable maître de l’État et de la société.

Paul GALOIS