APL : l’art de prendre dans les poches des plus pauvres

19 Février 2020

Au 1er avril, la réforme du calcul des allocations personnalisées sur le logement (APL), quatre fois repoussée, devrait prendre effet. Bien que présentée comme plus adaptée aux besoins des allocataires, elle a été prévue pour permettre d’économiser 1,2 milliard.

D’après les calculs du gouvernement, sur 6,5 millions d’allocataires, 600 000 ne devraient plus rien percevoir et 1,2 million devraient y perdre. Parallèlement, certains verront au contraire leur allocation augmenter, mais ils seront nettement moins nombreux. En ce mois de janvier, le montant a déjà été recalculé sur l’année 2018 et la pilule a déjà été amère pour certains.

Par une série d’ajustements, le gouvernement Macron parvient à imposer son objectif de réduction des dépenses d’aide au logement, qui représentaient environ 18 milliards il y a quelques années. Après la baisse de 5 euros en 2017, il y a eu un gel de leur montant en 2018, une hausse de 0,3 %, moins que l’inflation, en 2019, et une année de gel est encore prévue. Les règles d’indexation sur l’indice des loyers disparaissent. Autant dire, sans correction des conséquences de l’augmentation des prix et des loyers, que le pouvoir d’achat des classes populaires est entamé.

Le gouvernement a aussi imposé une baisse des APL versées aux bailleurs sociaux, que ceux-ci ont dû compenser pour que les locataires n’aient pas d’augmentation de loyer.

Les prestidigitateurs du gouvernement mettent leurs talents au service des riches.

Inès Rabah