Toulouse : le mal-logement fait des ravages

12 Février 2020

Mardi 4 février, un incendie s’est déclaré dans le plus grand squat de Toulouse, un ancien immeuble EDF où plus de 500 personnes, en majorité des familles venues d’Afrique, d’Albanie et d’Afghanistan, avaient trouvé un abri depuis mai 2019, dans des conditions déplorables, et sous la menace constante d’une expulsion. Le bâtiment est désormais condamné, mais mairie et préfecture ne proposent aucune solution de relogement pérenne, seulement un hébergement provisoire dans un hall du Parc des expositions. Certains sinistrés craignent que la préfecture n’en profite pour recenser les situations administratives, avec le risque d’être expulsés du pays.

À Toulouse, 4 500 personnes n’ont pas de logement stable, et des familles avec enfants dorment dehors en plein hiver. En septembre, devant la multiplication jugée trop visible des tentes de sans-abri sur les trottoirs de la ville, le maire a pris un arrêté antibivouac, leur interdisant le centre-ville.

Pourtant, d’après le DAL 31, il y aurait plus de 20 000 logements vacants dans l’agglomération et 230 000 m2 de bureaux vides. Sur le site même du squat, le promoteur Kaufman & Broad va construire 385 logements de standing, comme ceux qui fleurissent déjà dans toute la ville. Mais, pour les pauvres, ce sont les tentes ou des cabanes sur les berges de la Garonne.

Correspondant LO