Mr Bricolage : les salariés mobilisés pour leur emploi

12 Février 2020

Mr Bricolage est la 4e chaîne française de bricolage, derrière Adeo (Leroy Merlin, Weldom, Bricoman), Kingfisher (Castorama, Brico Dépôt) et Bricomarché. Le marché du bricolage se porte plutôt bien, en hausse de 1,9 % en 2019.

Depuis 2016, Mr Bricolage s’est engagé dans un plan de cessions de ses magasins intégrés (lui appartenant en propre), plan que le groupe a baptisé Rebond. Fin 2019, sur les 65 magasins concernés, six demeurent sans solution de reprise, comme par hasard les moins rentables d’après la direction du groupe.

Le 30 décembre, la direction générale du groupe a annoncé que celui de La Roche-sur-Yon faisait partie de ces six non repris en franchise, et donc était menacé de fermeture d’ici l’été, alors que dans le même temps le groupe trouve les moyens de racheter 13 magasins Bricorama.

Il faudrait voir là « un mal social pour un bien économique », prétend le journal La Tribune dans un article titré « Pourquoi Mr Bricolage retrouve le sourire à 40 ans ». Mais, pour les salariés de La Roche-sur-Yon, « Mr Bricolage fête ses 40 ans avec le sourire, cela veut dire 43 salariés licenciés. »

Samedi 8 février, ils ont décidé la grève. Pour beaucoup, c’est une première. À près d’une trentaine, ils ont manifesté devant le magasin, contraignant la direction à laisser les grilles fermées. Ils réclament un meilleur respect, d’être informés sur leur avenir et de meilleures indemnités en cas de fermeture. Comme l’expliquait une d’entre eux : « Si on prend l’exemple d’un salarié qui touche 1 200 euros net par mois pour quinze ans d’ancienneté, l’indemnité de départ sera équivalente à 6 700 euros en tout et pour tout. Autant dire pour que pour l’instant on part avec rien. »

Autour d’un pot de départ des salariés, ceux-ci ont invité les clients de la galerie commerciale à signer une pétition réclamant le maintien du magasin ; une animation non prévue, dans cette galerie commerciale située au nord de la ville, très fréquentée le samedi.

Et, comme certains salariés l’ont conclu : « D’autres mobilisations sont à venir si les choses ne bougent pas » !

Correspondant LO