Migrants : l’humanité selon Macron

12 Février 2020

La presse a relayé l’arrestation de la petite Amelia, 4 ans, à la sortie de l’école maternelle de Langogne, en Lozère, lundi 27 janvier.

Amelia est la fille d’un couple d’ouvriers albanais en France depuis trois ans et demi, déboutés de leur demande d’asile et obligés de pointer chaque jour à la gendarmerie, où ils ont finalement été arrêtés ce jour-là. Trois gendarmes ont escorté le père jusqu’à l’école d’Amelia, puis les ont enfermés au centre de rétention de Toulouse, d’où ils ont été renvoyés en Albanie le lendemain matin dans un avion affrété par l’agence Frontex. La mère, enceinte de quatre mois et hospitalisée après l’annonce de leur arrestation, est restée en France.

Le cas tragique de cette famille n’est pas isolé. Les Albanais sont les seconds demandeurs d’asile en France, derrière les Afghans. 83 % d’entre eux sont déboutés de leur demande et soumis à une OQTF (obligation de quitter le territoire français). Le même jour, huit familles albanaises, soit 31 personnes, dont douze enfants, ont été arrêtées dans quatre départements : la Lozère, la Haute-Garonne, les Pyrénées-Orientales, l’Hérault. Comme Amelia et son père, elles ont été renvoyées dès le lendemain à Tirana. À Montpellier, la police a arrêté des enfants dans leur salle de classe. À Toulouse, cela a été le cas pour deux parents dont l’enfant se trouvait à l’école. La mère a été emmenée au centre de rétention tandis que deux policiers escortaient le père à l’école pour arrêter leur fille. Cette dernière ayant déjà quitté l’école, la police a menacé le père d’expulser sa femme seule s’il ne revenait pas avec l’enfant.

Refuser l’asile à des travailleurs immigrés, arrêter leurs enfants dans les écoles, les renvoyer en charter dans la misère de leur pays d’origine, déchirer des familles : en termes d’inhumanité, le gouvernement actuel n’a rien à envier à ses prédécesseurs.

Julie LEMÉE