Handicapés : promesses jamais tenues

12 Février 2020

Mardi 11 février a été décrété par le gouvernement Journée d’action pour les droits des personnes handicapées et a été une occasion pour le président Macron de prendre la parole devant un parterre trié sur le volet. De là à passer à l’action, c’est une autre affaire.

En 1992, les Nations unies lançaient l’idée d’une journée pour les handicapés. Il a fallu attendre 2005 pour que l’État français fasse une loi censée prendre en compte leurs besoins. Quinze ans après, on est encore très loin d’avoir rendu accessibles aux fauteuils roulants les transports, les trottoirs, les lieux culturels, les magasins et même les administrations !

Dans sa campagne de 2017, Macron avait mis l’accent sur les problèmes du handicap et annoncé des mesures qui avaient pu séduire des électeurs, qui ont rapidement déchanté

Ainsi, le gouvernement est très fier d’avoir augmenté l’allocation adulte handicapé mais, plafonnant à 900 euros, elle est encore inférieure de 126 euros au seuil de pauvreté. De plus, ses conditions d’attribution ont été modifiées, écartant par exemple 250 000 personnes vivant en couple.

Les promoteurs ont obtenu du gouvernement que le plafond imposant que 100 % des logements soient accessibles aux handicapés tombe à 20 %. Le gouvernement a tout au plus promis que les autres logements pourraient être « évolutifs », c’est-à-dire adaptables à des handicapés à condition que ces derniers prennent à leur charge des transformations parfois très coûteuses.

Ce n’est pas plus brillant en ce qui concerne l’accès à l’emploi. Depuis le 1er janvier 2020, les entreprises adaptées ou les établissements de service d’aide par le travail pourraient être moins sollicitées. Auparavant, dans le cadre de la sous-traitance, les entreprises devaient faire appel à elles à hauteur de 6 %. Cette obligation est levée.

Le calcul de la retraite des travailleurs handicapés, qui jusqu’à présent pouvaient partir à 55 ans, sera lui aussi remis en cause par la réforme annoncée, ne serait-ce que parce que son calcul sera fait sur toute la carrière.

La question de l’accueil des enfants en milieu scolaire reste aussi posée. D’après le gouvernement, 60 000 enfants en bénéficieraient, mais on sait qu’on manque d’assistants scolaires et que ceux qui existent sont très mal payés. Les démarches pour la scolarité ou pour obtenir un établissement d’accueil relèvent du parcours du combattant. La secrétaire d’État Sophie Cluzel annonce un guichet unique sous la forme d’un téléphone, le 360, qui doit encore se mettre en place. Quant à Macron, il devait aussi annoncer des créations de places d’accueil, pour réduire le nombre de personnes qui n’ont d’autre choix que de placer leurs enfants en Belgique… Ce sont autant de belles paroles déjà entendues, surtout en période électorale, et sans que jamais la situation des handicapés ne change.

Jacques FONTENOY