Trelleborg – Clermont-Ferrand : grève pour les salaires

05 Février 2020

Lundi 27 janvier, près de 95 % des ouvriers de production en CDI se sont mis en grève pour les salaires chez Trelleborg. Depuis, cette usine spécialisée dans la production de tuyaux industriels et offshore en caoutchouc, où travaillent 530 salariés (dont 288 ouvriers en CDI et 70 intérimaires), est à l’arrêt.

Lors des réunions annuelles (NAO), la direction annonçait 2 % d’augmentation en moyenne pour 2020, avec seulement 1 % d’augmentation générale. Moins que pour 2019 : c’était inacceptable pour la grande majorité.

Beaucoup ne dépassent pas les 1 600 euros net par mois, primes comprises, pour un travail en 3x8. Ainsi, certains travailleurs de l’atelier Mélangeage, une fois déduit les primes, atteignent péniblement 1 300 euros net. Ils réclament 75 euros brut d’augmentation pour tous.

Jeudi 23 janvier, 160 ouvriers ont décidé en assemblée générale de se mettre en grève à partir du lundi. Ce jour-là, le 27 janvier, l’équipe du matin s’est retrouvée avant 5 heures devant l’usine, où elle a installé tentes, boissons et cafetière.

À 5 h 01, un chef d’atelier a coupé le courant de la cafetière en disant : « Il est 5 heures, c’est l’heure d’aller au boulot. » Le même jour, lors d’une réunion des représentants syndicaux avec la direction, l’augmentation est passée à 2,3 % pour les ouvriers, et 2,5 % pour les cadres ! Ces provocations n’ont fait que renforcer la détermination.

Car, au-delà des salaires insuffisants, cette mobilisation correspond à un mécontentement plus général, notamment à l’égard d’une partie de la hiérarchie qui affiche sans vergogne une attitude de mépris.

Au fil des jours, les travailleurs se sont organisés pour l’intendance. Cuisson d’un chevreuil, paella, la grève laisse le temps de passer de bons moments collectifs et de renforcer les liens.

Les visites de travailleurs d’autres secteurs de l’agglomération ont contribué à maintenir le moral. Tout comme le geste d’une partie du personnel technicien, administratif et maîtrise, qui a tenu à apporter son soutien en versant à la caisse de grève.

Lundi 3 février, après un week-end de repos, 150 travailleurs étaient réu­nis à 4 h 15 devant l’usine, contents de se retrouver si nombreux des trois équipes.

La direction a fait de nouvelles propositions, avec notamment une augmentation générale de 50 euros brut pour tous les ouvriers, mais en diminuant la prime, pour que cela ne lui coûte pas un centime ! La poursuite de la grève a été votée très majoritairement.

Correspondant LO