Mahle Behr – Rouffach : un recul de la direction

05 Février 2020

Plus de 500 salariés sur les 640 que compte l’usine Mahle Behr de Rouffach, dans le Haut-Rhin, ont fait grève pendant six jours contre un plan de licenciements.

Annoncé fin 2019, il touche 236 travailleurs, auxquels s’ajouteraient 80 postes supplémentaires supprimés d’ici 2024. L’effectif de l’entreprise passerait donc de 640 actuellement à 300.

Sous la pression des donneurs d’ordres (Mercedes, PSA…) à qui elle fournit des climatiseurs de voiture, la direction a cédé, en échange de l’arrêt immédiat de la grève, le paiement de tous les jours de grève, une prime gilets jaunes de 1 000 euros et une augmentation de salaire de 2 %. Elle n’a pas reculé sur les suppressions d’emplois, mais elle a augmenté l’indemnité liée à l’ancienneté à 1 700 euros par année, à quoi s’ajoute une indemnité complémentaire forfaitaire de 42 000 euros.

La direction de Mahle a lâché du lest. La grève étant totale, le stock de pièces qu’elle avait prévu n’a pas suffi à fournir les constructeurs automobiles qu’elle livre en flux tendu. Les menaces de pénalités des donneurs d’ordres pour arrêt de production, qui s’élèvent à 100 000 euros par heure d’arrêt, allaient tomber.

Les grévistes, dans leur majorité, ne voyaient pas comment continuer, mais un tiers d’entre eux auraient voulu pousser l’avantage plus loin et n’étaient pas d’accord avec les discours syndicaux qui reprenaient en chœur « il faut savoir terminer une grève ».

Le travail a repris en ordre dispersé. Mais dans les ateliers les discussions continuent, car le plan de suppressions d’emplois reste. Les salariés sont bien conscients que ce n’est que le rapport de force qui a fait reculer et peut faire reculer encore la direction, et la grève peut donc reprendre.

Correspondant LO