Italie : un pacte d’assassins avec les gardes-côtes libyens

05 Février 2020

Alors que des centaines de migrants continuent à risquer leur vie en Méditerranée pour échapper à la misère et à la guerre, l’accord entre le gouvernement italien et les gardes-côtes libyens vient d’être automatiquement reconduit pour les trois prochaines années.

Le gouvernement de coalition entre le Mouvement 5 étoiles et le Parti démocrate reconduit donc l’aide financière et matérielle à ces gardes-côtes, qui ne sont qu’une autre appellation pour des bandes armées agissant sans contrôle. Le prétexte est ce qu’il ose appeler le sauvetage et l’accueil des migrants. Il consiste en réalité à tenter de les empêcher de gagner l’Europe, quitte à les laisser se noyer ou à les condamner à l’enfer de prétendus centres d’accueil libyens, où les migrants subissent un traitement inhumain et sont pratiquement réduits en esclavage.

Cette politique a été initiée par le gouvernement du Parti démocrate, dit de gauche, alors dirigé par Paolo Gentiloni, dont le ministre de l’Intérieur, Minniti, a mis au point en février 2017 le premier accord avec les bandes armées sévissant en Libye. Ce gouvernement a multiplié les procédures judiciaires pour entraver l’action des ONG et les empêcher de porter secours aux migrants. La plupart ont été progressivement contraintes de cesser toute activité en Méditerranée. Le gouvernement suivant, avec Salvini comme ministre de l’Intérieur, n’a fait que poursuivre dans la même voie en faisant seulement plus de bruit, proclamant à son de trompe qu’il ne laisserait plus aucun bateau de migrants accoster dans un port italien.

Salvini n’est plus au gouvernement, et quelques navires d’ONG ayant recueilli des migrants peuvent maintenant accoster, quand le nouveau gouvernement ne peut les en empêcher. Mais les décrets pris par Salvini sont en réalité toujours là, prêts à servir. Et ce gouvernement dit jaune-rouge, de coalition entre le Parti démocrate et le Mouvement 5 étoiles, mise toujours sur la collusion avec les bandes armées libyennes pour empêcher les migrants de quitter l’Afrique.

Nadia CANTALE