Incinérateurs parisiens : la grève continue

05 Février 2020
Depuis le 23 janvier, les trois sites d’incinération d’ordures ménagères du Syctom de l’agglomération parisienne – Saint-Ouen, Issy-les-Moulineaux et Ivry-sur-Seine – sont à l’arrêt.

Parmi les 350 salariés, la grève contre la réforme des retraites est massivement suivie et a été reconduite, au moins jusqu’au 7 février.

Parmi les éboueurs de la ville de Paris, même si le pourcentage de grévistes est moindre, la grève est également présente. Lundi 3 février, cinq des six garages de bennes à ordures de la capitale étaient bloqués et presque aucun ramassage n’a eu lieu dans Paris.

Cette grève se voit, car les poubelles non collectées débordent dans les rues, y compris dans les beaux quartiers.

Déjà vendredi 31 janvier le gouvernement, sur demande du Syctom, avait réquisitionné une partie du personnel pour un fonctionnement minimal. Peine perdue, un four sur les sept existants a fonctionné au
ralenti, puis est tombé en panne !

En temps habituel, le Syctom s’occupe du traitement des ordures ménagères de la ville de Paris et de 85 communes franciliennes, soit 6 millions d’habitants, et traite 6 000 tonnes d’ordures par jour. Faute de pouvoir les brûler dans les fours, les ordures ont d’abord été dirigées vers un quinzaine de sites d’enfouissement, en Seine-et-Marne et dans le Val-d’Oise, mais ils sont désormais saturés. Le Syctom
ne sait plus quoi faire du contenu des poubelles.

Les grévistes ont une solution : répondre à leur revendication. Tout le monde connaît la dureté et la dangerosité de leur métier. L’espérance de vie des éboueurs est réduite de sept ans par rapport à l’ensemble de la population. Jusqu’à maintenant, la reconnaissance de la pénibilité de leur métier existait, et leur permettait de prendre une retraite anticipée.

La réforme gouvernementale veut supprimer  cette reconnaissance de pénibilité, et baisser leur retraite de plusieurs centaines d’euros. Elle est à jeter aux ordures !
 

Bertrand GORDES