Cora : plus de flexibilité sous peine de licenciement

05 Février 2020

1 077 salariés des hypermarchés Cora sont menacés de licenciement s’ils n’acceptent pas de signer un avenant à leur contrat de travail, imposant plus de flexibilité sur leurs horaires et plus de polyvalence sur les postes.

Cora, propriété du groupe belge Louis Delhaize, possède en France 61 hypermarchés. Il contrôle également les supermarchés Match, les jardineries Truffault ou encore le site de commerce en ligne Houra. Il fait la fortune de la famille Bouriez, dont le nom s’affiche dans le classement des plus grosses fortunes du magazine Challenges.

Mais les propriétaires de Cora en veulent toujours plus. Et, comme dans tous les autres groupes de la grande distribution, c’est aux salariés qu’ils entendent faire payer les changements qu’ils veulent instaurer dans leurs magasins. Depuis 2011, les effectifs chez Cora ont été réduits de 21 000 à 18 000 salariés. 1 077 emplois sont à nouveau menacés, si ceux-ci n’acceptent pas le diktat des actionnaires.

L’avenant au contrat de travail prévoit en effet qu’une caissière pourra voir ses horaires changer sur simple décision des directions de magasin. Elle pourra également passer du temps à la mise en rayon, travailler en réserve ou faire des colis commandés sur Internet. Tout refus pourrait être sanctionné par un licenciement économique immédiat. À ce jour, 6 000 salariés ont signé cet avenant, mais 1 077 refusent, soutenus par la CGT, seul syndicat à ne pas avoir signé un accord.

Pour exercer son chantage, la direction s’appuie sur une loi instaurée sous la mandature Hollande. Grâce à ce cadeau fait par un gouvernement aux ordres du grand patronat, un capitaliste milliardaire peut menacer de priver des salariés de leur gagne-pain.

Philippe Logier