Congé pour deuil : chassez le naturel…

05 Février 2020

Le rejet, à l’Assemblée nationale, d’une proposition de loi visant à allonger de cinq à douze jours le congé des parents en cas de décès d’un enfant a déclenché, à juste titre, une vague d’indignation contre le gouvernement. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, s’était opposée à cette idée car ce congé aurait été payé à 100 % par l’entreprise. Elle a fini par reconnaître une erreur et a annoncé qu’elle serait rectifiée, après il est vrai avoir été rectifiée par Macron.

Dans cette affaire, qui relève de la simple humanité, le gouvernement a réussi à coaliser contre lui tous ses opposants. Il y a été aidé par sa ministre et par les députés LREM, dont l’une n’a pas hésité à déclarer : « Quand on s’achète de la générosité à bon prix sur le dos des entreprises, c’est quand même un peu facile. » Tous ceux qui d’ordinaire se préoccupent plus de l’intérêt du patronat que de celui des salariés ont trouvé là l’occasion de se démarquer du gouvernement, jusqu’à l’extrême droite de Marine Le Pen condamnant cette « vision comptable des choses ». Même le Medef a protesté et réclamé un nouveau vote, s’achetant ainsi à bon compte un brevet d’humanité.

Quand on forme un gouvernement en sélectionnant les ministres parmi les pires DRH du marché, il n’y a pourtant pas à s’étonner du résultat.

Sylvie MARÉCHAL