Brésil : le sous-développement tue

29 Janvier 2020

Le jeudi 23 janvier, l’État brésilien du Minas Gerais a été frappé par une tempête et des pluies violentes. Sur la capitale, Belo Horizonte, en vingt-quatre heures il est tombé 178 mm d’eau.

Il y a eu 44 morts, 19 disparus, 3 500 sans-abri, 17 000 personnes déplacées, des routes coupées, des ponts effondrés. Dans les quartiers populaires, coulées de boue et glissements de terrain ont détruit des centaines de maisons, ensevelissant parfois les habitants.

D’autres États brésiliens ont été touchés. Sur la côte, l’Espirito Santo a eu 9 morts et 9 000 déplacés ; dans le nord de l’État de Rio, 6 000 déplacés. Et au début du mois, à Sao Paulo, la capitale économique du pays, des quartiers entiers étaient sous les eaux, bien sûr pas des quartiers riches et bourgeois.

La nature n’est pas seule en cause. Le réchauffement climatique fait aussi que les tempêtes sont de plus en plus violentes. Mais c’est surtout l’organisation sociale qui est responsable de l’ampleur des dégâts causés par ces événements climatiques.

On l’avait vu l’an passé, lorsque le 25 janvier 2019 les pluies avaient entraîné la rupture d’un barrage contenant 13 millions de mètres cubes de boues d’une mine de fer, à Brumadinho, à 50 km de Belo Horizonte, faisant 300 morts et ravageant la nature. La responsabilité du trust Vale y était bien sûr directement engagée.

Mais, plus généralement, le responsable est le sous-développement. Du fait du passé colonial, du développement tardif et inégal du pays, infrastructures et équipements sont insuffisants, même dans les grandes cités modernes, et carrément absents sur la majeure partie du territoire. Et ce sont en priorité les couches populaires qui en subissent les conséquences.

Vincent GELAS