Violences policières : le vrai visage de l’État

22 Janvier 2020

« Nous ne sommes pas dans le même camp, Madame », lâchait, hautain, en novembre dernier, le préfet de police de Paris Didier Lallement, à une dame se revendiquant des gilets jaunes. En effet ! Cet aveu, craché avec mépris, est une illustration frappante, elle aussi, de l’attitude des forces de répression lors des manifestations et des grèves contre la réforme de Macron.

On ne peut s’attendre à moins de la part d’un haut fonctionnaire, payé non pour servir la population mais les hommes politiques à la tête de l’État, qui eux-mêmes défendent les intérêts de la classe capitaliste, financiers, magnats de l’industrie, de la grande distribution et des médias. Un temps secrétaire général au ministère de l’Intérieur sous l’ex-PS Manuel Valls, l’actuel préfet de police de Paris a été nommé en mars 2019, le précédent ayant été écarté à la suite de la casse du Fouquet’s sur les Champs-Élysées.

Lallement restera-t-il dans l’histoire pour avoir déployé les BRAV-m, les brigades de répression de l’action violente motorisées, responsables de matraquages tous azimuts, ou pour avoir encouragé l’usage des LBD, qui éborgnent et mutilent ? Ce serait bien de l’honneur… Les recadrages hypocrites de ses supérieurs, Macron, Philippe et Castaner, ont récemment invoqué la déontologie, parlé de croche-pieds à l’éthique et de comportements inacceptables. Mais les tabassages, les gazages, les insultes destinés aux manifestants et parfois aux simples passants n’ont pas cessé de pleuvoir.

Il y a peu encore circulait une vidéo choquante montrant un policier parisien assénant, le 18 janvier, plusieurs coups de poing au visage à un manifestant ensanglanté maintenu à terre. L’indignation devant ces images le dispute au ridicule de la défense du policier : le jeune homme à terre l’aurait menacé à l’aide… d’un crachat infecté par le VIH ! Le nombre des victimes est proportionnel à celui des manifestations qui se succèdent depuis novembre 2018, début du mouvement des gilets jaunes. Il continue de grimper avec la répression des dizaines de milliers de travailleurs en colère contre l’attaque gouvernementale sur la retraite.

La répression n’a pourtant pas fait taire les manifestants, tant il est clair que cette réforme injuste n’est qu’une attaque parmi toutes celles que Macron et Philippe, fondés de pouvoir de la classe des capitalistes, infligent aux classes populaires, aux exploités. Toutes les matraques de l’État de la bourgeoisie, si elles peuvent assommer, ne peuvent suffire à calmer la colère.

Viviane LAFONT