Prétendues violences : vraie campagne antigrévistes

22 Janvier 2020

Macron, quelques-uns de ses ministres et certains de ses soutiens ont été interpellés directement à diverses reprises par des manifestants.

Robes d’avocats, blouses d’infirmières et noms d’oiseaux ont volé vers quelques ministres en représentation. Des pancartes et des slogans bien sentis ont été vus et entendus dans les manifestations. Une soirée théâtrale du couple régnant a même été gâchée, c’est dire le niveau d’agressivité atteint !

« Cette violence qui s’étend, ce niveau d’acceptation de la violence sont inacceptables » pour la secrétaire d’État Marlène Schiappa. Entre deux discours d’encouragement aux brutes policières, son collègue de l’Intérieur Castaner parle de « la violence qui salit le débat ». Macron lui-même qualifie de « honte » ces « scènes de violence ». Et jusqu’à Sarkozy qui sort de sa boîte pour dénoncer la « tyrannie des minorités ». L’ancien président n’a pas en vue l’infime minorité des multi-milliardaires au profit desquels le gouvernement saccage les retraites, mais les travailleurs qui osent se rebeller. Et Le Figaro, le journal du groupe Dassault, de trancher : « La grève se termine dans une poussée de violence. »

Pour les possédants, pour les politiciens qui gouvernent à leurs ordres et les médias qui parlent en leur nom, tout ce qui s’oppose à l’ordre social est illégitime et donc violent. Réduire les pensions, reculer l’âge du départ en retraite, pourrir la vie de ceux sur qui repose toute la société, les tuer au travail, au chômage, de misère ou de désespoir, c’est nécessaire, légal et donc non-violent, puisque c’est l’État et le grand patronat qui l’imposent. S’y opposer autrement qu’en déposant des suppliques, en formulant des vœux pieux ou en versant des larmes, s’y opposer réellement donc, par la grève et les manifestations, c’est, disent-ils, violent.

En réalité, la violence est entièrement le fait des possédants et de l’État à leur service. Il suffit de se rappeler combien de manifestants et de simples passants ont été mutilés par la police ces derniers temps. En fait, la violence que ces gens redoutent et à laquelle leurs troupes sont préparées ne consiste pas à troubler une soirée présidentielle et, encore moins, à piétiner la moquette d’une CFDT qui n’a rien trahi, ayant toujours été opposée au mouvement. La violence que redoutent les possédants, c’est celle qui couve dans le monde du travail et qui finira par exploser dans des mouvements massifs, des grèves puissantes et une prise de conscience générale, tout ce que le mouvement contre les retraites prépare et annonce.

Paul GALOIS