Livret A : un nouveau cadeau aux financiers

22 Janvier 2020

À partir du 1er février, le gouvernement baisse le taux d’intérêt du livret A de 0,75 à 0,50 %. Il va ainsi voler plus d’un milliard d’euros à l’ensemble des travailleurs qui y placent leurs économies.

Le ministre de l’Économie, Le Maire, a déclaré que cette mesure était prise en faveur des « milliers de personnes qui attendent un logement social », prétextant que le taux d’intérêt du livret A sert de référence pour calculer celui des emprunts des bailleurs sociaux. La réalité est tout autre car, si le taux d’intérêt du livret A est passé de 1,75 % en 2010 à 0,5 % aujourd’hui, le nombre de nouveaux logements sociaux construits est passé dans le même temps de 133 000 à 109 000. Quand ce gouvernement, qui ne cesse de réduire les moyens des offices HLM, parle de défendre le logement social, c’est un peu comme si le loup se disait le défenseur de l’agneau !

En fait, depuis des années, l’État cherche à rendre le livret A beaucoup moins intéressant, afin que les travailleurs déposent leurs économies dans les placements spéculatifs proposés par des fonds de pension, d’investissement et autres compagnies d’assurances. Rappelons que l’inflation officielle, qui minimise pourtant la vraie hausse des prix, est d’environ 1,5 % : les travailleurs perdent donc actuellement de l’argent quand ils mettent leur épargne sur le livret A, et ce sera encore plus le cas après le 1er février.

Les capitalistes de la finance, comme la banque BNP, l’assureur AXA ou le fonds d’investissement BlackRock, regardent avec avidité les 285 milliards d’euros qui sont actuellement déposés sur le livret A. Ils peuvent compter sur le gouvernement pour leur livrer ces milliards sur un plateau.

Arnaud LOUVET