Éducation nationale : la contestation se poursuit

22 Janvier 2020

Alors que les épreuves de contrôle continu, prévues dans le cadre de la réforme du bac, commencent à se tenir dans les lycées, dans un contexte de mobilisation contre la réforme des retraites, le ministère a annoncé qu’il avait sanctionné 50 enseignants pour la perturbation du baccalauréat 2019, rappelé à l’ordre 500 autres et prélevé des jours de grève pour 4 000 d’entre eux.

Cette tentative d’intimidation est grossière. Les enseignants mobilisés ont déjà compris que le gouvernement ne ferait pas de cadeau à ceux qui s’opposent à sa politique. Malgré cela, de nombreux enseignants participent aux réactions contre les épreuves de contrôle continu. Ce sont souvent les mêmes qui sont engagés dans la lutte contre la réforme des retraites. Depuis plusieurs semaines, un certain nombre d’entre eux se sont associés aux initiatives menées localement pour aller voir les autres établissements scolaires, les cheminots et les agents de la RATP grévistes. Ils ont participé aux manifestations, aux actions en direction des autres travailleurs, en particulier ceux du privé. Ils ont pu prendre conscience que, si dans chaque secteur les attaques ont leur particularité, elles sont le résultat de la guerre des patrons et de l’État contre le monde du travail.

Chacun a pu se rendre compte que partout, dans le public aussi bien que le privé, la politique était la même : réduction des effectifs, des salaires et précarisation de l’emploi.

La dégradation des conditions d’enseignement en est une des conséquences. Avec sa réforme du bac et celle du lycée professionnel, Blanquer veut faire des économies, ce qui contribuera à rendre l’école encore plus inégalitaire. Les enseignants craignent que les difficultés auxquelles se heurteront les élèves ne soient pas les mêmes selon leur établissement d’origine. Ils sont révoltés par la modification des programmes qui mettent de côté, par exemple, l’étude du mouvement ouvrier ou certaines notions d’économie pouvant ouvrir l’esprit critique des élèves sur le système capitaliste.

Concernant leurs conditions de travail, les enseignants ont pu apprécier la réponse du ministre à la baisse programmée de leur pension, pouvant aller jusqu’à 800 euros. Il compte imposer des contreparties aux toutes petites augmentations de salaire annoncées.

La colère n’est pas près de s’apaiser, alors qu’une minorité a pu apprécier la solidarité propre au monde du travail lorsqu’il est mobilisé.

Inès Rabah