Violences policières : les vœux hypocrites de Castaner

15 Janvier 2020

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, début d’année oblige, a présenté ses vœux à la police nationale le 13 janvier.

Il a distillé quelques formules rappelant à ses troupes le discernement à avoir dans l’usage de la violence : « C’est l’honneur de la police qui est en jeu, on ne fait pas de croche-pied à l’éthique, sauf à s’abaisser, à abaisser la police », faisant allusion à la manifestante toulousaine ainsi jetée au sol par un policier.

Ce ton doucereux était moins destiné aux policiers qu’à être relayé par les médias car, à peine l’année commencée, les interventions de la police ont à nouveau suscité l’indignation et la colère. Les manifestations contre la réforme des retraites ont été l’objet de violences policières, en particulier le tir à bout portant d’un projectile de LBD sur un manifestant, ou cette travailleuse de la RATP frappée à plusieurs reprises, notamment à la tête, alors qu’elle voulait récupérer son téléphone portable tombé au sol.

Les images, tournées le plus souvent grâce aux téléphones portables, sont accablantes pour les policiers et elles embarrassent le ministère de l’Intérieur. Sans ces images, qui ne garantissent rien sur l’issue d’éventuels procès, il est bien probable qu’aucune enquête judiciaire n’aurait été ouverte.

En ce début d’année, Castaner appelle la police à « un usage juste et proportionné de la force ». En réalité, dans les manifestations de contestation de la politique du gouvernement et jusqu’aux interventions dans l’exercice courant de leur mission, la police reste d’abord et avant tout une bande d’hommes en armes dressés par le gouvernement contre les classes populaires et dont l’impunité est quasi garantie par la hiérarchie jusqu’au sommet de l’État.

Édouard Philippe a encore confirmé qu’il couvrait les forces de répression en déclarant sur France 2 dimanche 12 janvier : « Il faut parfois utiliser la force pour ramener l’ordre, et il ne faut pas en avoir peur. » Une telle attitude ne peut qu’encourager un certain nombre de policiers, de gendarmes mobiles et de CRS à commet­tre des actes de violence sans se préoccuper d’une quelconque éthique. Philippe et Castaner le savent parfaitement et ce ne sont pas leurs déclarations sur la nécessité d’un usage « proportionné et maîtrisé » de la force qui feront oublier leur responsabilité.

Boris SAVIN