Salaires enseignants : la revalorisation, une fumisterie de plus

15 Janvier 2020

Lors d’une première rencontre lundi 13 janvier avec leurs syndicats, Jean-Michel Blanquer a annoncé que 500 millions d’euros allaient être consacrés à la revalorisation des salaires des enseignants en 2021. D’autres augmentations seraient prévues par la suite, destinées à compenser la baisse drastique de revenus, entre 300 et 600 euros mensuels, que subiraient les retraités avec le projet de réforme.

Les enseignants devront déjà attendre un an avant de voir une hausse de leurs salaires. De plus, si l’on fait les comptes, en répartissant cette somme entre quelque 800 000 enseignants, cela ne ferait jamais qu’une hausse mensuelle de salaire de... 50 euros pour chacun, bien moins que ce que l’inflation, cumulée avec des gels successifs du point d’indice depuis 2010, leur a fait perdre.

Avec ce gouvernement, les enseignants, comme l’ensemble des travailleurs, ne peuvent s’attendre à aucun cadeau, même minime, sans contrepartie. Ainsi, pour 2022, il serait question non pas d’une hausse générale des salaires, mais d’une prime dont le montant varierait en fonction de l’ancienneté, les débuts de carrière étant favorisés, ou, ce qui est dans l’air du temps, d’une prime au mérite, ce qui voudrait dire accepter les heures supplémentaires pour remplacer un collègue, augmenter la somme des tâches administratives qui parasitent le temps consacré à l’enseignement, etc.

Une autre annonce de « bonnes nouvelles futures », pour reprendre les mots de Blanquer qui dit vouloir prendre le point de vue des élèves, serait de combler en partie le « trou de juillet-août ». Et même s’il fait des contorsions pour ne pas dire les choses clairement, à savoir qu’il veut diminuer les congés des enseignants, il a déjà commencé les attaques en suggérant de placer les journées de formation pendant les vacances. Il parle maintenant de garantir le soutien scolaire gratuit aux élèves des milieux défavorisés.

En recevant les syndicats lundi 13 janvier, Blanquer a établi un calendrier de réunions pour discuter de ses propositions. Il y aura donc des concertations, des consultations, des négociations, qui ne déboucheront sur rien, ni pour les salaires, ni pour améliorer les conditions de travail des enseignants. Ils n’ont rien à attendre de cette panoplie habituelle de réunions creuses d’un gouvernement qui leur est hostile.

Marianne LAMIRAL