Rémi Fraisse : un crime impuni

15 Janvier 2020

Jeudi 9 janvier, la cour d’appel de Toulouse a confirmé la décision rendue il y a deux ans de ne pas faire comparaître le gendarme mobile qui avait lancé la grenade offensive responsable de la mort de Rémi Fraisse, dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014.

Rémi Fraisse manifestait contre le projet, aujourd’hui abandonné, de construction du barrage de Sivens dans le Tarn. Il avait été tué sur le coup par l’explosion d’une grenade du même type que celle qui avait déjà fait un mort en 1977, lors des manifestations contre la centrale nucléaire de Creys-Malville. D’importantes plaies au dos avaient été révélées par l’autopsie, mais il avait fallu plusieurs jours aux autorités pour reconnaître l’implication de la gendarmerie mobile dans la mort du jeune homme de 21 ans. Quelques mois après, les grenades de ce type avaient été retirées de l’arsenal de la gendarmerie mobile, ce qui sonnait comme un aveu.

Mais si plus personne ne discute les causes de la mort, la justice pour l’heure écarte tout procès mettant en cause non seulement le gendarme mais aussi toute la chaîne de commandement, depuis le préfet jusqu’au ministre de l’Intérieur de l’époque, Bernard Cazeneuve. La mort de Rémi Fraisse n’est aux yeux de la justice qu’un accident malheureux.

L’avocat de la famille de Rémi Fraisse s’est pourvu en cassation, dernier recours avant que ce crime ne soit enterré définitivement par la machine judiciaire. C’est pourtant bien ainsi, même si aucun verdict n’est jamais prononcé, qu’il faut qualifier la mort du jeune militant écologiste.

B.S.