Bouygues, Veolia, Sodexo… un racket sans borne

15 Janvier 2020

Après Delevoye, l’ex-commissaire à la Réforme des retraites, c’est au tour de la ministre des Transports Élisabeth Borne d’être épinglée.

L’hebdomadaire Marianne pointe le fait qu’elle n’a pas déclaré ses liens passés avec l’Institut pour la gestion déléguée (IGD), qui a pour objectif d’accélérer la privatisation des services publics.

Officiellement, l’IGD est une fondation censée répondre à un objectif d’intérêt général et il bénéficie en conséquence d’avantages fiscaux. En réalité, il a été créé en 1996 par Bouygues, Eiffage, Vinci, Colas, Suez, Veolia, Sodexo et autres sociétés privées qui font leurs choux gras de la privatisation de services publics et bénéficient de commandes que leur passent l’État et les collectivités, sans oublier les péages par lesquels elles rançonnent les usagers. L’IGD facilite les contacts, s’il en était besoin, des dirigeants de ces sociétés avec les représentants de l’État et des collectivités territoriales. Une place avait été également réservée à la RATP, et c’est pourquoi Élisabeth Borne, qui fut sa directrice générale, a été membre du conseil d’administration de l’IGD en 2015 et 2016. La SNCF, des hauts fonctionnaires, des élus des villes, des départements et des régions ont également répondu à l’invitation des grands groupes privés.

Tout ce petit monde apporte ainsi sa pierre à la privatisation des services publics et à la propagande menée par l’IGD en faveur des partenariats public-privé, alors qu’ils constituent un moyen particulièrement opaque de faire payer à des prix vertigineux le renouvellement de l’éclairage public d’une ville, la construction d’un hôpital, d’une prison, d’un stade, d’une ligne à grande vitesse, etc.

Au-delà de la carrière d’une Élisabeth Borne, l’IGD est l’un des multiples canaux par lesquels passent les liens fusionnels entre l’État et le capital.

Jean SANDAY