Prime Macron : pour ne pas augmenter les salaires

07 Janvier 2020

La prime Macron, rebaptisée prime gilets jaunes par beaucoup, et à juste titre, a été reconduite par le gouvernement.

Sous la pression du mouvement des gilets jaunes, le gouvernement avait instauré la possibilité de verser jusqu’à mille euros à tous les salariés, aux conditions fixées par le patron, et surtout exonérés de cotisations sociales pour l’employeur et le salarié.

L’an passé, 20 % des salariés du privé ont touché ainsi en moyenne 400 euros. Cela représente 5,5 millions de personnes. Cette année, le gouvernement a rajouté une condition. Les employeurs doivent avoir signé un accord d’intéressement, ce qui a immédiatement refroidi celles des petites entreprises qui estiment ne pas pouvoir se lancer dans une nouvelle démarche administrative et surtout ne veulent pas de nouvelles contraintes. En effet un accord d’intéressement est signé pour trois années.

Le syndicat patronal des TPE (très petites entreprises), vent debout contre cette mesure, est prêt à spéculer sur les réactions des travailleurs pour peser sur les choix du gouvernement. Et de déclarer : « Quand les salariés comprendront pourquoi ils n’ont pas la prime, ils vont s’énerver. »

La situation des TPE sert de prétexte à justifier le quasi-blocage des salaires imposé par les petites comme par les grandes entreprises. Le boulanger avec deux employés sert d’exemple pour justifier l’aberration des décisions gouvernementales. Il ne peut pas prévoir ce qui va se passer d’une année sur l’autre, nous dit-on, il n’aurait pas les finances. Mais si l’ensemble du monde du travail obtenait une amélioration de son pouvoir d’achat, ces petits patrons en profiteraient eux aussi.

La baisse du pouvoir d’achat est due à la stagnation des salaires, aux licenciements, au développement des temps partiels imposés et à la précarité, toutes évolutions dont les entreprises tirent allègrement parti.

La prime octroyée sous la pression du mouvement gilets jaunes n’est pas un cadeau, elle est née d’un combat. C’est ce combat qu’il faut poursuivre et amplifier, pour imposer une véritable amélioration du pouvoir d’achat, à commencer par une augmentation générale des salaires et leur indexation sur le coût de la vie.

Inès Rabah