Nouvel an : les baisses ne compensent pas les hausses

07 Janvier 2020

Le gouvernement se vante du fait que les impôts vont baisser pour de nombreux ménages. Mais au fond, quand on y regarde de plus près, c’est une nouvelle dégradation du niveau de vie des travailleurs qui s’annonce en cette nouvelle année.

Certes, le taux d’imposition à la source va baisser pour les deux premières tranches, ce qui ferait un gain de 300 euros en moyenne par an pour la première. À cela s’ajoute l’exonération de la taxe d’habitation pour 80 % des foyers les plus modestes. Pour autant, il y a peu de chances que l’État compense entièrement le manque à gagner pour les collectivités. Les mairies devront diminuer les services rendus à la population, par la fermeture de centres de santé, de crèches ou la baisse des subventions aux associations.

Le smic augmente au 1er janvier de 1,2 %, ce qui équivaut à 15 euros par mois. Mais cette augmentation est déjà en deçà de l’inflation officielle de 1,4 % calculée par l’Insee, dont on sait qu’elle ne reflète même pas l’inflation réelle.

L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), l’ex-minimum vieillesse, va augmenter de 35 euros, pour atteindre la somme dérisoire de 903,20 euros. Quant aux pensions de retraite, elles suivront le rythme de l’inflation officielle pour les retraités percevant moins de 2 000 euros par mois. Ceux qui touchent plus perdront encore sur leur pouvoir d’achat, puisque le montant de leur retraite ne sera revalorisé que de 0,3 %.

Si Macron et son gouvernement continuent de faire les poches des retraités, ces derniers ne sont pas les seuls visés : alors que le mouvement contre sa réforme bat son plein, le gouvernement augmente les cotisations retraite des fonctionnaires, dont le taux va passer de 10,83 % à 11,10 %. Et non seulement les salaires de ces derniers continuent de baisser, mais le gouvernement s’apprête à baisser drastiquement le montant de leurs retraites.

Tout le reste est à l’avenant : si le prix du gaz baisse de 0,9 %, celui de l’essence n’a cessé de monter. Les frais bancaires, les timbres vont aussi grimper, tout comme le tabac.

Une des mesures les plus impopulaires, la réforme de l’APL, qui permet au gouvernement d’économiser 1,2 milliard d’euros, a été cependant reportée en avril. Il a estimé que mieux valait reporter ce nouveau coup au-delà des municipales. C’est au fond un résultat indirect du mouvement de grève.

Aline URBAIN