Fonctionnaires : le gouvernement s’attaque à ses salariés

07 Janvier 2020

Étendre aux travailleurs de la fonction publique la possibilité de rupture conventionnelle, qui existe déjà dans le privé : telle est la principale mesure applicable au 1er janvier de la loi dite de « modernisation de la fonction publique » adoptée l’été dernier.

C’est donc pour supprimer des emplois et pousser dehors des fonctionnaires que Macron a fait voter cette loi. Sa préparation avait déjà suscité une assez large hostilité parmi les principaux intéressés puisque, le 9 mai 2019, on avait compté plus de cent mille manifestants contre cette loi dans tout le pays. Ce jour-là, une grève avait réduit le trafic aérien d’un tiers et mobilisé notamment un enseignant sur cinq dans le primaire.

Il y a en effet de quoi être en colère. Car, si le gouvernement a glissé dans la loi une goutte de miel – avec la énième réaffirmation de l’objectif d’égalité salariale entre les femmes et les hommes, et la suppression du jour de carence pour maladie pendant la grossesse – c’était pour faire avaler son tonneau de fiel. À présent, la précarité est encore étendue dans la fonction publique.

Alors que l’État, ses différentes administrations locales et ses services publics, comptent déjà 1,3 million de salariés contractuels – c’est-à-dire non-fonctionnaires –, les possibilités pour les directions d’embaucher des travailleurs plus ou moins précaires sont amplifiées. Un contrat de projet est créé, pouvant durer entre un et six ans et surtout s’arrêter quand le projet est considéré comme terminé.

Le temps de travail peut aussi être augmenté avec la suppression des accords locaux, notamment dans les collectivités territoriales. Les agents de ces collectivités voient aussi leur droit de grève réduit, l’administration invoquant la nécessité d’organiser un service minimum.

Sous prétexte de modernisation, de simplification et de souplesse, l’État utilise l’arsenal antiouvrier comme n’importe quel patron.

Lucien DÉTROIT