Éducation nationale : “Bonne année, bonne santé… et joyeuse grève !”

07 Janvier 2020

Lundi 6 janvier, jour de rentrée des classes, dans bien des établissements scolaires des réunions ont eu lieu pour discuter de la poursuite du mouvement contre la réforme des retraites. La minorité qui s’est remise en grève reconductible a immédiatement tenté de mobiliser le maximum de collègues.

Nombre d’enseignants prévoyaient de rejoindre la grève le 9 janvier. En tout cas, la plupart continuent à se sentir solidaires de la grève et concernés par les attaques du gouvernement.

Des décrets tombés fin décembre 2019 ont de quoi attiser la colère des enseignants. La réforme de la fonction publique entre en application. Avec elle, la précarité s’accroît. La rupture conventionnelle est introduite y compris dans l’Éducation nationale, permettant de se débarrasser de salariés en moins de quinze jours. Les chefs d’établissement peuvent être désormais recrutés sans concours, en direct dans les bureaux des ressources humaines du privé. Toutes ces mesures ont été commentées dans les salles des professeurs et chacun comprend bien que derrière la réforme des retraites, les attaques contre l’ensemble des salariés du secteur sont loin d’être finies.

Par ailleurs, des groupes d’enseignants ont continué à se mobiliser durant les vacances et racontaient les actions menées en commun avec des cheminots, des travailleurs de la RATP, etc., avec lesquels les liens tissés dans la lutte se sont renforcés.

À Bagnolet en Seine-Saint-Denis, par exemple, des travailleurs du dépôt de bus voisin sont venus à la rencontre des travailleurs des collèges, grévistes et non-grévistes. La direction ayant refusé que les grévistes entrent dans l’établissement, les machinistes en grève ont été accueillis avec café et gâteaux devant les grilles et les élèves y ont gagné un cours d’éducation civique sur le rôle de la hiérarchie dans les conflits sociaux. Ceux de la RATP ont dit avec fierté qu’ils se battaient pour l’avenir de leurs enfants. Les professeurs, les agents et les surveillants non-grévistes sont aussi sortis pour écouter ceux qui en sont à 33 jours de grève et continuent à tenir tête au gouvernement.

Des minorités de grévistes de différents secteurs s’organisent pour continuer les actions en direction des autres travailleurs et les inciter à rejoindre le mouvement. Bien entendu, chacun se pose des questions sur les perspectives mais tous sentent que le camp de ceux qui ne veulent pas continuer à subir les attaques et la dégradation des conditions de travail et de vie en sort renforcé.

Marion AJAR