Coût de la grève : quand les travailleurs s’arrêtent...

07 Janvier 2020

Aux lamentations continuelles des médias sur ce que la grève « coûte » à la SNCF et la RATP se sont ajoutées, cadeaux de fin d’année et repas de réveillon obligent, les pertes subies par les commerçants.

Quelles que soient les chaînes de radio ou de télévision, ainsi que l’ensemble de la presse écrite, personne n’a pu échapper à ces annonces de dommages que les grévistes feraient subir aux entreprises, petites ou grosses. La SNCF chiffre ses pertes à 20 millions d’euros par jour, soit 620 millions au 31e jour de grève. Pour la RATP, le manque à gagner serait évalué à déjà 100 millions. Sans parler des remboursements de billets pour des trajets non effectués faute de trains, ou de Pass Navigo pour la seconde, même si, pour l’instant, le flou domine sur ce point.

Les commerçants ont été largement interviewés pour déplorer leur manque de clients en cette fin d’année, et les pertes qui s’ajoutent à celles occasionnées il y a un an par la mobilisation des gilets jaunes.

En revanche, les médias ont été beaucoup plus discrets sur les pertes de salaire que connaissent les grévistes qui se sont lancés dans la lutte en toute connaissance de cause, acceptant le fait d’avoir à payer de leur poche le choix de se battre contre une réforme qui les attaque, eux, et surtout les générations futures de travailleurs.

Ces commentateurs des grands médias, qui relaient sans se poser de questions les plaintes du gouvernement et du grand patronat, accusent sans vergogne une « minorité de grévistes » de vouloir paralyser l’économie. Mais, si l’on retourne le problème, on voit alors concrètement quelles richesses cette minorité crée par son travail ! À l’échelle de tout un pays, on atteint des milliards produits par les travailleurs, dont ils sont dépossédés par une poignée de profiteurs, aux dépens de l’ensemble de la société. Mais ces richesses, que le travail des salariés rapporte aux actionnaires et aux gros capitalistes, les médias n’en parlent que quand leur flot se tarit un peu.

Marianne LAMIRAL