Clause du grand-père : clause des enfants dans la misère

11 Décembre 2019

Après avoir enterré la « clause du grand-père » le 26 novembre, lors d’un discours devant les députés de la majorité, le Premier ministre a laissé entendre le 6 décembre au soir que, finalement, elle pourrait s’appliquer pour les régimes spéciaux, comme ceux de la RATP et de la SNCF.

Avec cette clause, l’attaque sur les retraites ne concernerait pas ceux qui travaillent déjà, mais les nouvelles générations qui vont entrer sur le marché du travail. Elle ne toucherait donc pas les grévistes, mais leurs enfants et leurs petits-enfants.

Après la réussite de la journée de grève du privé et du public du 5 décembre et la grève reconductible massive à la RATP et à la SNCF, Macron et Philippe cherchent désespérément quel effet d’annonce pourrait éteindre le feu qu’ils ont allumé, dans l’objectif de mieux faire passer l’ensemble de leur plan de démolition des retraites.

Cette clause pourrait tout au plus fournir à certains syndicats le prétexte à se retirer de la grève. Mais à la plupart des grévistes elle apparaît pour ce qu’elle est : une arnaque grossière. Quels parents pourraient souhaiter une vie plus dure à leurs enfants ?

Cette clause, que le gouvernement présente comme un recul possible, est un aveu de faiblesse et montre que les grévistes sont sur le bon chemin pour gagner, et qu’il faut renforcer la lutte. Si Philippe et Macron envisagent un geste en direction des travailleurs de la RATP et de la SNCF, c’est parce qu’avec leur grève reconductible ils sont parmi les plus en pointe dans ce combat et que leur détermination inquiète le gouvernement. C’est une preuve que seule la lutte peut payer et c’est une raison supplémentaire pour inciter les travailleurs des autres secteurs à les rejoindre dans la grève.

Grands-mères, grands-pères, mères, pères, enfants et petits-enfants du privé comme du public ont tout intérêt à mener ensemble le combat jusqu’au retrait total de cette réforme.

Arnaud LOUVET