Armement : un marché qui se porte bien

11 Décembre 2019

Les engins de guerre se vendent de mieux en mieux, faisant la fortune de leurs fabricants. C’est ce que révèle l’édition 2019 du rapport publié par un institut de recherche sur l’armement, le Sipri.

Le chiffre d’affaires des cent plus grosses entreprises du secteur a augmenté de 4,6 % en 2018. On compte parmi elles six firmes françaises : Dassault, Thales, Safran, Naval Group, le CEA et Nexter. À elles six, elles produisent tout ce qui est possible en matière d’armement, des avions de combat aux missiles, des navires de guerre aux chars et aux canons, et même les systèmes de propulsion ou d’armement nucléaire. Grâce aux guerres menées par la France et à l’activisme de commis voyageurs tels que Macron et ses ministres, les ventes de Dassault ont augmenté de 30 % en 2018. La France reste cependant bien loin des États-Unis, dont les firmes d’armement trustent 59 % des parts de marché, en augmentation de 7,2 %.

La population des pays en guerre paye de son sang la production de ces engins de mort et les profits qu’ils rapportent. Au Moyen-Orient, au Yémen, ce ne sont que villes détruites, populations contraintes à l’exode sous les bombes, hommes, femmes et enfants assassinés. Même là où la guerre ne sévit pas, les sommes consacrées aux achats d’armement sont prises sur ce qui serait nécessaire pour faire manger la population, la soigner ou l’éduquer. En 2015, l’ONU estimait qu’une somme annuelle de 267 milliards de dollars suffirait à éradiquer la faim dans le monde d’ici 2030. Or, en 2018, les cent plus grosses entreprises mondiales du secteur ont vendu à elles seules pour 420 milliards de dollars d’armement. Les marchands de canons, appuyés par leurs États respectifs, font leurs profits avec le sang des populations.

Tout aussi inquiétant, cette augmentation des ventes et des stocks d’armes souligne l’accroissement des risques de guerre entraînés par la crise et la politique des impérialismes.

Daniel MESCLA