Explosion de la rue de Trévise : cachez cette vérité03/12/20192019Journal/medias/journalnumero/images/2019/12/2679.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Explosion de la rue de Trévise : cachez cette vérité

Le 12 janvier 2019, une fuite de gaz provoquait l’explosion d’un immeuble rue de Trévise, dans le 9e arrondissement de Paris, faisant quatre morts et 60 blessés et obligeant les habitants à évacuer l’immeuble.

L’équipe d’Envoyé spécial de France 2 est revenue sur cet accident dans un reportage diffusé jeudi 28 novembre. Cette enquête montre sans langue de bois les choix criminels de la direction de GRDF sur la réduction des effectifs et la réorganisation des services, conduisant notamment à ce que les services d’urgence ne soient absolument plus en mesure de faire face, que les techniciens soient moins nombreux et moins formés. Résultat : comme le montre le reportage, des fuites de gaz pourtant signalées peuvent rester des mois, voire des années, sans être réparées… avec des conséquences tragiques.

Interrogée dans le reportage et confrontée à des vidéos accablantes, la directrice technique de GRDF s’en tient à une ligne aussi simple que choquante : « Tout va bien. Pas de commentaire. »

La diffusion de cette enquête a poussé le directeur général à s’adresser aux gaziers dans deux messages par mail. Ce directeur ne s’adresse que très rarement aux travailleurs, sauf pour leur servir de temps en temps quelques balivernes, leur dire combien leur mission de service public le préoccupe et pour évoquer une « solidarité de gaziers » que tous seraient censés partager avec lui.

Cette fois, il est encore question de solidarité avec le directeur, puisqu’il explique que l’enquête de l’équipe d’Envoyé spécial est à charge contre les gaziers et que chacun d’eux doit rester fier de faire bien son travail et de dispenser un service toujours mieux sécurisé. Comme s’il n’était pas évident que ce sont bien les choix de la direction et des actionnaires qui sont en cause, et en aucun cas les gaziers et leur travail ! D’autant que, dans le reportage, ce sont précisément des techniciens gaziers, infiniment plus responsables que la direction, qui jouent le rôle de lanceurs d’alerte.

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