Mois sans alcool : la pression des patrons fait sauter le bouchon

27 Novembre 2019

Suivant l’exemple du mois sans tabac, des associations de lutte contre l’alcoolisme voulaient mettre en place, avec l’appui du gouvernement, un mois sans alcool en janvier.

Jeudi 14 novembre, en déplacement dans la Marne, Macron a rencontré autour d’un déjeuner des représentants du milieu viticole et, à la fin du repas, le président d’un syndicat de vignerons s’est félicité que soit abandonnée l’idée d’un « janvier sec ». La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, s’est empressée de voler au secours du gouvernement, justifiant son recul par le fait qu’une opération de sensibilisation aux dangers de l’alcool serait prévue pour le début de l’année 2020, mais qu’un mois sans alcool « renvoyait chacun à une approche individuelle, comme un défi » ! Didier Guillaume, le ministre de l’Agriculture, a enfoncé le même clou, s’affirmant « très opposé au mois de janvier sans vin ». « Je préfère la modération toute l’année, que l’interdiction et la prohibition un mois », a-t-il ajouté.

Chaque année, l’alcool est responsable de 41 000 morts, soit 7 % des décès, d’un tiers des accidents mortels de la route, de 50 % des homicides. Ceci sans compter tous les problèmes psychologiques ou sociaux liés à une consommation excessive, qui toucheraient cinq millions de personnes. Mais le gouvernement s’en moque et, comme ses prédécesseurs, il s’aplatit devant les tout-puissants lobbies du vin. Pour Macron et ses ministres, la prévention s’arrête là où commencent les profits des capitalistes vendeurs d’alcool !

M.L.