Commerce en ligne : le monde merveilleux d’Amazon

27 Novembre 2019

À peine une semaine avant le « Black Friday », le fameux « vendredi noir » importé des États-Unis, où de grandes enseignes annoncent des soldes faramineuses, un rapport signé par Attac, les Amis de la Terre et l’Union syndicale Solidaires dénonce l’impunité sociale, fiscale et environnementale dont bénéficie Amazon, le géant mondial du commerce en ligne, le champion toute catégorie dudit Black Friday.

Sur le plan social, le rapport dénonce les conditions de travail épuisantes dans les entrepôts gigantesques d’Amazon et le recours majoritaire aux contrats précaires et notamment à l’intérim ; en se basant sur la situation aux États-Unis, où l’enseigne est implantée depuis plus longtemps, il constate que « pour un emploi créé par Amazon, deux emplois sont détruits ».

Sur le plan fiscal, le rapport démontre comment Amazon pratique une évasion massive en déplaçant une grande partie de ses bénéfices à l’étranger. Il estime ainsi que l’enseigne « dissimule 57 % de son chiffre d’affaires réalisé en France » et s’alarme de ce que ce recours aux paradis fiscaux « renforce la position prédominante d’Amazon vis-à-vis de ses concurrents, plus petits ».

Amazon est exactement le produit de ce qu’est aujourd’hui le capitalisme, c’est-à-dire une exploitation maximum du travail pour arracher un maximum de profits. Suppression d’emplois, précarité de ceux qui restent, salaires les plus bas, pénibilité accrue, le tout assorti de cadeaux fiscaux aux détenteurs des capitaux et d’un mépris total pour l’environnement et l’avenir de la planète, telles sont les règles qui président au fonctionnement des multinationales telles qu’Amazon.

« Par nos choix de consommation, par nos clics, militons pour qu’Amazon devienne plus humaine », a déclaré l’ex-secrétaire d’État au numérique Mounir Mahjoubi à la veille du Black Friday. De leur côté, Attac, les Amis de la Terre et l’Union syndicale Solidaires exigent, dans la conclusion de leur rapport, qu’Amazon « respecte le droit du travail, (…) réduise fortement son impact écologique (…) soit transparente sur les flux financiers et relations entre ses filiales, et paie sa juste part d’impôt ». C’est louable, mais autant demander du lait à un bouc.

Comme toutes les grandes entreprises capitalistes, Amazon ne mérite rien d’autre que d’être expropriée pour que ses milliards accumulés servent au moins à faire vivre la société, à commencer par ses propres travailleurs.

Sophie GARGAN