Salon de la sécurité : la répression, ça peut rapporter gros

20 Novembre 2019

Le Salon de la sécurité intérieure a été inauguré mardi 19 novembre par le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner. 151 entreprises venues de 53 pays y exposent aux professionnels leur matériel de répression.

Les acheteurs, essentiellement des États, peuvent y faire leurs emplettes auprès de vendeurs de lanceurs de balles de défense (LBD) et autres grenades lacrymogènes. Avec plusieurs milliers de blessés pendant les manifestations de gilets jaunes, les fabricants de ces armes, comme la société française Alsetex, y ont la vedette. Ils peuvent se vanter de proposer des produits « testés en opération », un argument séduisant pour les policiers de tous les pays. Les techniques de reconnaissance faciale sont aussi à l’honneur. L’assouplissement de la législation en la matière est réclamé par des élus qui y voient un tremplin pour leur carrière, et les industriels ont reniflé là un marché porteur. Le secteur des produits de sécurité à base d’intelligence artificielle a progressé de 7 % en 2018.

Au chapitre de la coopération policière internationale, on peut noter que le président du salon est le directeur général de Civipol, l’organisme du ministère de l’Intérieur chargé de la formation et de l’équipement de la police en Centrafrique, ou encore de la collaboration avec la police soudanaise, autant dire des tortionnaires sans pitié, pour le contrôle de l’immigration. Ce volet de la collaboration policière est un des aspects que l’État français soigne particulièrement. Le président du salon explique ainsi qu’il s’agit d’aider les pays qui le souhaitent à instaurer les conditions d’une « identité sécurisée » pour pouvoir organiser des « migrations ordonnées ». En clair, il s’agit de leur vendre des moyens sophistiqués d’empêcher les migrants de partir.

La sécurité n’est pas seulement un argument pour politiciens en quêtes d’élections. C’est aussi un business en pleine croissance.

Daniel MESCLA