Salariés SDF : victimes de la guerre de classe

20 Novembre 2019

Le 13 novembre, un ouvrier d’entretien a été retrouvé pendu dans le local technique de son collège, à Rilleux-la-Pape, dans le Rhône. Ce travailleur de 60 ans était à la rue et habitait clandestinement dans le local en question depuis des semaines.

Le 15, on découvrait dans la voiture où il dormait le corps sans vie d’un jeune ouvrier, employé par une société de transport. Il s’était asphyxié en essayant de se réchauffer. Dans ses papiers, il y avait une demande de logement HLM accompagnée du certificat de travail de son employeur. Le 17, la RATP annonçait que 20 % des personnes sans domicile qui trouvent refuge dans le métro sont des travailleurs salariés et déclarés. Le 19 novembre, imperturbable, la secrétaire d’État chargée de la lutte contre la pauvreté intronisait un nouvel organisme réunissant des universitaires chargés de découvrir les causes de la pauvreté et, on croit rêver, les moyens d’y mettre fin.

Le gouvernement baisse les aides au logement. Il diminue les crédits alloués à la construction de HLM, il bloque les salaires de la fonction publique et, priorité des priorités, il aide le patronat à faire pression à la baisse sur les salaires. Il ne faut donc pas s’étonner du nombre croissant de salariés pauvres, jusqu’à être sans domicile. Leur situation découle de dizaines d’années d’une politique gouvernementale et patronale visant à réduire systématiquement la part des travailleurs dans la richesse produite.

Leur prétendue lutte contre la pauvreté est en fait un combat pour appauvrir les travailleurs.

Paul GALOIS