“Prêts toxiques” : la BNP en procès

20 Novembre 2019

Mardi 12 novembre s’est ouvert le procès qui oppose Cetelem, la filiale crédit de BNP Paribas, à 2 200 personnes qui se sont portées parties civiles.

Elles avaient été 4 600 à souscrire auprès de Cetelem, entre 2008 et 2009, des emprunts immobiliers qui se sont vite révélés des pièges, pour un montant total d’environ 800 millions d’euros, en moyenne 170 000 euros par prêt.

La banque est jugée pour pratique commerciale trompeuse et pour avoir manqué à son obligation de clarté dans l’information. Mais les plaignants entendent bien démontrer que, pire, elle leur avait fait croire à l’absence totale de risque dans ces emprunts présentés comme la meilleure offre du marché. Les clients n’étaient pas informés que le prêt, libellé en francs suisses, était remboursable en euros. Si le taux de change entre les deux monnaies variait, les sommes à rembourser augmentaient de façon automatique. C’est ce qui s’est passé à partir de 2010, avec une appréciation du franc suisse, et les sommes à rembourser ont augmenté en moyenne de plus de 30 %.

Pour ces 4 600 souscripteurs, ces emprunts sont devenus, comme l’explique l’un d’eux, un puits sans fond. Pour Cetelem et la BNP, ils ont été autant de profits.

Cédric DUVAL