Les inquiétudes d’un licencieur

20 Novembre 2019

Le gouvernement utilise « la trique » contre les chômeurs et veut faire « payer la précarité aux précaires », s’est ému Louis Gallois à l’antenne de France Info le 18 novembre.

Président de la Fédération des acteurs de la solidarité, il a dénoncé une réforme « extrêmement dure et raide », nuisant en particulier à « ceux qui alternent les petits boulots et les périodes de chômage ».

Louis Gallois, avant de finir dans le social sur ses vieux jours, a été l’un de ces hauts commis de l’État et porte-parole des intérêts du grand capital, qui alternent missions de conseil au gouvernement et postes de dirigeants de grandes entreprises. À la tête de la SNCF, puis d’EADS, il y mit en œuvre son lot de suppressions d’emplois. Quant aux rapports dont il fut l’auteur en 2012, puis en 2015, ils avaient pour point commun de préconiser baisses de cotisations et cadeaux fiscaux pour les capitalistes.

Après avoir mené et conseillé une politique permettant aux capitalistes d’assurer leurs profits en faisant payer l’ensemble des travailleurs, Gallois tire la sonnette d’alarme. « Une partie de la population estime qu’on ne s’occupe pas d’elle ou qu’on lui fait payer un prix excessif » explique-t-il, s’inquiétant d’un climat social où « les tensions se multiplient ».

Gallois n’a pas tort : à force de rapacité, c’est la classe capitaliste qui finira par provoquer la riposte nécessaire de l’ensemble des travailleurs. Il la craint autant que les travailleurs peuvent la souhaiter.

Nadia CANTALE