Gilets jaunes : le mécontentement est toujours là

20 Novembre 2019

Un an après le début du mouvement des gilets jaunes, 30 000 personnes environ ont manifesté samedi 16 novembre en France et plus de 4 000 à Paris, où la manifestation a fini par être interdite par le préfet de police.

L’attention des médias s’est à nouveau polarisée sur les échauffourées en marge du rassemblement parisien, taisant les raisons qui, depuis des mois, font descendre des milliers de gens dans la rue malgré les brutalités policières.

Paris a retrouvé ses allures de camp retranché, avec ces milliers de policiers mobilisés, ces contrôles en amont des manifestants, et la morgue affichée par les troupes de Castaner. Ce déploiement de forces policières et leurs violences n’ont pas empêché, lundi 18 novembre, Macron, que rien n’arrête pour tenter de remonter dans les sondages, de rendre hommage à « la colère drapée dans le jaune de la détresse ». « Les Français, en sortant de chez eux, en se réunissant sur les ronds-points, ont retrouvé en bien des endroits la chaleur des liens, la fraternité, l’entraide », a-t-il déclaré.

Ces discours hypocrites ne feront pas oublier aux gilets jaunes que le gouvernement a répondu à leur mobilisation par les gaz lacrymogènes, la matraque et les tirs de LBD éborgnant encore un manifestant. Et il a fallu la ténacité et le courage de centaines de milliers de gilets jaunes pour arracher l’abandon de la taxe sur les carburants, le gel pour six mois des hausses d’électricité et du gaz, l’annulation de la hausse de la CSG. Ces concessions du gouvernement étaient minimes et elles n’ont évidemment pas changé les conditions de vie des chômeurs, retraités, travailleurs, petits artisans ou entrepreneurs mobilisés.

Macron est inquiet de voir que la colère est toujours là, un an après le début du mouvement, et qu’à l’approche du 5 décembre elle pourrait s’exprimer à nouveau, avec les grèves et les manifestations.

Boris SAVIN