Drôme-Ardèche : dans le noir faute d’investissements

20 Novembre 2019

Le 15 novembre, des chutes de neige relativement importantes ont privé de courant des centaines de milliers de foyers dans la Drôme, l’Ardèche et une partie de l’Isère. Cinq jours plus tard, le courant n’était toujours pas rétabli pour plusieurs milliers d’entre eux.

La neige était particulièrement lourde et collante, pesant sur les câbles aériens et les faisant parfois tomber. Parallèlement, le trafic ferroviaire a dû être partiellement arrêté, à cause de la neige et du vent qui ont provoqué des chutes de branches sur les voies et les caténaires.

Les autorités accusent la neige. Bien entendu, les éléments y sont pour quelque chose, mais il y a une part énorme de responsabilité de la part de la SNCF et d’EDF. L’élagage des branches le long des voies ferrées est mal fait, faute de personnel.

En ce qui concerne l’électricité, c’est le problème de l’enfouissement des lignes qui se pose, comme à chaque grosse tempête. Les lignes à très haute tension ne sont pas concernées, elles sont presque toutes en aérien, et leurs énormes pylônes tiennent généralement le coup.

C’est surtout l’immense réseau à moyenne et basse tension qui a été touché en Ardèche et Drôme. La solution serait d’enfouir les lignes. Évidemment, cela coûte très cher, beaucoup plus que les câbles aériens, en particulier dans des régions vallonnées comme ces deux départements. Aussi EDF préfère-t-elle ne rien faire, tout en assurant enfouir les lignes nouvelles… ce qui n’empêche pas des centaines de milliers de foyers de se retrouver dans le noir suite aux intempéries.

Enfouir toutes les lignes du pays demanderait certainement un nombre important de milliards et ne pourrait s’effectuer qu’en plusieurs années. Mais l’argent ne manque pas : par exemple, EDF fait chaque année des bénéfices importants, sans parler des milliards engloutis dans l’EPR de Flamanville au bénéfice d’une pléiade d’entreprises sous-traitantes.

Il y aurait de quoi améliorer le réseau grâce à l’enfouissement. On éviterait ainsi les coupures calamiteuses, les gens intoxiqués par les chauffages improvisés et les employés d’EDF obligés de se livrer à des réparations acrobatiques sur les lignes aériennes.

André VICTOR