Actionnaires comblés : un système condamné

20 Novembre 2019

En 2017, les dividendes versés par les principaux groupes capitalistes mondiaux à leurs actionnaires avaient augmenté de 8 %. En 2018, ils avaient encore grimpé de 10 %. Cette année, ils ne se gonfleraient que de 4 %, pour atteindre quand même la somme rondelette de 1 430 milliards de dollars, dont le tiers est distribué aux seuls actionnaires américains.

La valeur des actions de ces grandes entreprises atteint également des records, inscrits dans les chiffres en hausse des Bourses des métropoles impérialistes.

Pourtant, aucune hausse notable de la production de biens matériels, aucune richesse nouvelle, aucune découverte sensationnelle et utile au progrès de l’humanité ne permet d’expliquer cette explosion des profits de quelques-uns. Au contraire, la production matérielle stagne et la masse des travailleurs, seuls producteurs de richesses, s’appauvrit. Des régions du globe régressent à toute vitesse, des populations entières s’enfoncent dans une misère noire. La guerre économique entre puissances fait redouter que les guerres locales s’étendent et se généralisent. Les capitalistes n’ignorent évidemment rien du sombre tableau engendré par leur système et ne se risquent pas à parier sur un retour de la croissance dans un monde en paix.

En revanche, depuis la crise de 2008, les États et les banques centrales ont mis en circulation des masses toujours croissantes de capital. La dette s’est ainsi monstrueusement gonflée, permettant aux banques et aux détenteurs de capitaux d’opérer avec une puissance inégalée. Les plus gros rachètent sans cesse les plus petits, les fortunes et les entreprises se concentrent. Les grandes entreprises vont jusqu’à emprunter aux banques afin de racheter leurs propres actions pour les détruire et augmenter ainsi la rentabilité de chaque action restant en circulation.

Les profits de quelques grandes familles capitalistes se nourrissent désormais de la destruction des conditions de vie de la plus grande partie de l’humanité.

Paul GALOIS