Macron et l’OTAN : beaucoup de bruit pour rien

13 Novembre 2019

Dans un entretien publié jeudi 7 novembre dans le magazine britannique The Economist, Macron a déclaré que l’Otan était en état de mort cérébrale, que l’Europe était au bord du précipice…

Des petites phrases choc qui visent surtout à soigner une image présidentielle bien dégradée, d’après les dernières enquêtes d’opinion.

Avec ces déclarations, Macron tente de reprendre la posture d’un de Gaulle prétendant vouloir mener une politique indépendante des États-Unis. C’est une vieille ficelle de la politique française, dont tous ses prédécesseurs ont usé à un moment ou un autre, à chaque fois qu’ils avaient besoin de faire remonter leur cote de popularité.

Dans la même interview, Macron a critiqué la règle budgétaire européenne qui veut que le déficit des États nationaux soit limité à 3 % du PIB. C’est là encore une diversion, très souvent utilisée par les politiciens de tous bords, de l’extrême droite à la gauche, visant à faire croire que ce serait l’Europe, et en particulier l’Allemagne, qui serait responsable des politiques d’austérité imposées par les États.

Que ce soit sous Macron aujourd’hui ou sous Hollande et Sarkozy hier, si les gouvernements français ont taillé dans les budgets sociaux et dans ceux des services publics, ce n’était pas pour répondre aux injonctions de l’Europe, mais à celles du grand patronat français qui exige toujours plus de subventions et de cadeaux fiscaux. C’est pour satisfaire l’avidité de la bourgeoisie française dont ils servent les intérêts, les Arnault, Pinault, Dassault et autres privilégiés, que Macron et ses ministres réduisent les APL, les allocations versées aux chômeurs et condamnent les hôpitaux à une situation de sous-effectif dramatique.

Macron s’est aussi déclaré favorable au rétablissement des relations avec la Russie, ce qui lui a valu les félicitations de la porte-parole de la diplomatie russe… et certainement aussi des dirigeants des groupes capitalistes français qui cherchent à décrocher des contrats en Russie. Ils sont bien les seuls à avoir pris cette interview au sérieux.

Marc RÉMY