Gilets jaunes : police et justice dans leur rôle

13 Novembre 2019

Le bilan de la répression contre le mouvement des gilets jaunes est impressionnant : 10 000 gardes à vue, 3 100 condamnations. Au-delà de la violence policière, c’est l’ensemble des moyens de l’État qui ont été mobilisés pour arrêter ce mouvement de protestation.

Les blessures, les coups, les tirs à la tête n’ont pas été des bavures policières. Ils ont été une façon de faire peur et d’intimider ceux qui voulaient continuer à descendre dans la rue. Les 10 000 gardes à vue visaient le même objectif, et d’ailleurs 4 700 n’ont donné lieu à aucune poursuite judiciaire. Il s’agit bien là de l’aveu qu’elles n’avaient pas de raison d’être.

La sévérité des condamnations, 1 000 à des peines de prison ferme, 1 240 à des peines avec sursis, 920 à des peines alternatives, montre que la justice, dans toute sa « sérénité », a suivi le même chemin : celui de la défense de l’ordre bourgeois.

Ainsi, beaucoup de gilets jaunes ont découvert un des rôles essentiel de la police : elle sert à faire respecter l’ordre, aussi injuste soit-il. Ils peuvent aussi voir que la justice sert exactement à la même chose : faire taire un mouvement social.

Léna PIGALLI